Le papyrus Prisse - Un recueil de sagesse de l'Égypte ancienne

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Émile Prisse d’Avennes et le papyrus

Né le 27 janvier 1807 à Avesnes-sur-Helpe, Achille Constant Théodore Émile Prisse d’Avennes était un ingénieur, architecte, orientaliste et égyptologue français.

Ingénieur de formation, il s’installe en Égypte en 1827, où il occupe différents postes de professeur de topographie et d’architecture dans les écoles militaires du pays jusqu’en 1836. De 1836 à 1844, il voyage le long du Nil, documentant les monuments et vestiges qu’il rencontre et mène quelques fouilles archéologiques. De retour en France en 1844, il s’attèle à la publication de la documentation qu’il a amassée, avant de repartir en Égypte chargé d’une mission officielle de 1858 à 1860. Là, il peut explorer de nouveau le pays et amasser une documentation considérable constituée de centaines de photographies, dessins et estampages qu’il s’évertue à publier de son retour en France en 1860 jusqu’à son décès survenu à Paris le 10 janvier 1879.

La première cour du temple de Karnak vue par Émile Prisse d'Avennes
La première cour du temple de Karnak vue par Émile Prisse d'Avennes.

C’est lors de son premier séjour égyptien que Émile Prisse d’Avennes fait l’achat du papyrus qui porte depuis son nom. Les circonstances exactes de la découverte de ce précieux document sont incertaines, les récits qu’en fit le découvreur étant eux-mêmes variables. Ainsi, dans une lettre adressée à Jacques-Joseph Champollion-Figeac et datée du 20 mars 1843, indique-t-il avoir acheté le papyrus au Caire et suppose que le papyrus fut découvert à Louxor, dans la nécropole de Dra Abou el-Naga, tandis que dans une lettre à François Joseph Chabas en date du 25 février 1858, il précise l’avoir acheté à un ouvrier qu’il avait employé lors de ses propres fouilles dans ce secteur de la nécropole et qu’il soupçonnait de vol.

À son retour en France en 1844, Émile Prisse d’Avennes fait don du papyrus à la Bibliothèque royale, renommée depuis Bibliothèque nationale de France, où le papyrus fut découpé, monté sur carton et placé dans des cadres de chêne et verre minéral.

Le papyrus Prisse

Aujourd’hui conservé à la Bibliothèque nationale de France, le papyrus Prisse est considéré comme l’un des plus anciens manuscrits littéraires du monde. Produit sous la 12e dynastie (1991-1781 av. è. c.), il mesure plus de 7 mètres de long sur 15 cm de haut.

Écrit en hiératique - l’écriture cursive de l’Égypte - à l’encre noire et à l’encre rouge, en lignes orientées de la droite vers la gauche comme il était de coutume pour ce genre de document, le papyrus présente aujourd’hui deux textes, séparé par un troisième, qui fut effacé dans l’Antiquité. Le premier est un enseignement placé dans la bouche d’un vizir au profit de son fils, Gemnikaï, sous les règnes des rois Houni et Snéfrou de l’Ancien Empire (entre 2648 et 2589 av. è. c.). Le second est également un enseignement attribué cette fois-ci à un vizir du roi Djedkarê-Isési, autre roi de l’Ancien Empire, à la 5e dynastie (2494-2435 av. è. c.), dénommé Ptah-hotep.

Malgré la mise en scène de personnages historiques d’un passé ancien et prestigieux, le papyrus et les textes datent du Moyen Empire (2063-1640 av. è. c.) et plus précisément de la 12e dynastie (1991-1781 av. è. c.). C’est l’époque d’épanouissement de la littérature égyptienne, qui encode les valeurs et la vision du monde des membres de l’élite, proches du pouvoir.

Le manuscrit se présente sous la forme de feuilles de largeur variable, assemblées entre elles par un scribe qui a probablement associé les morceaux de différents rouleaux qu’il avait sous la main, comme nous le montrent les joints, souvent irréguliers. Une feuille vierge protectrice a été ajoutée à la fin du rouleau. En revanche, le texte s’ouvre sur une feuille de moins de 4 cm de large, laissant penser que le début du rouleau est en réalité manquant et que nous n’avons donc que la fin du premier texte du recueil (i.e. L’Enseignement pour Gemnikaï).

Un recueil de sagesse

Le genre égyptien de l’”enseignement” encode sous la forme de maximes des normes de vie, éthiques et sociales, auxquelles devait se conformer tout individu.

Désignés en égyptien sous le terme de sébayt, ces textes prennent généralement la forme d’un discours dans lequel un personnage s’adresse à un autre, souvent son fils, pour lui édicter des règles de conduite afin de l’aider à mener une vie conforme aux normes sociales et à la maât.

Composés au plus près du sommet de l’État, ces textes sont autant des manuels du bon courtisan que l’énoncé d’un bon ordre social et politique.

Une œuvre littéraire

La langue utilisée pour rédiger le papyrus est le Moyen égyptien en usage au Moyen Empire et considérée dès l’Antiquité comme la langue classique de l’égyptien ancien.

La composition du texte est élaborée et le scribe montre par l’emploi de nombreuses figures de style toute l’étendue de son talent rhétorique. Se rencontre notamment dans l’enseignement de Ptahhotep, une figure de style en vogue en Égypte ancienne, le polyptote, qui consiste à répéter le même mot sous des formes grammaticales différentes. Ici, le scribe développe ce jeu autour du verbe sedjem, (écouter), utilisé 21 fois entre les vers 534 et 563.

Cette figure de style se rencontre dans d’autres compositions contemporaines du papyrus Prisse comme la Complainte de Khâkhéperrê-séneb où une polyptote tourne autour du verbe djed « parler » : « Celui qui a parlé n’a pas parlé pour que puisse parler celui qui parlera. Qu’un autre trouve ce dont il parlera. On n’a pas discouru pour un discours à venir : ils ont agi jadis ! » (papyrus British Museum EA 5645, ligne 5) ou dans l’Enseignement de Mérikarê avec une répétition du mot our « grand » : « Un grand (roi) est grand lorsque ses grands (= les élites) sont grands » (papyrus Musée de l'Ermitage 1116 A, ligne 44). Ici la figure permet de souligner des thèmes centraux du texte.

Ce goût des Égyptiens pour la littérature et les figures de style se retrouve dans l’expression “Belles Paroles” (médout nefrout) qui désigne en égyptien les Belles-Lettres et la littérature.

La fabrication d'un rouleau de papyrus

Aucune source antique connue ne décrit la fabrication du papyrus. Aussi, nos connaissances du processus de fabrication des papyrus reposent sur l’observation empirique et les essais de l’archéologie expérimentale.

Pour produire du papyrus, les tiges de Cyperus papyrus sont découpées en fines bandes. Les lamelles ainsi obtenues sont aplaties pour faire éclater les cellules de la plante afin d’en libérer le contenu servant de colle. Ces lamelles sont ensuite disposées en deux couches se croisant perpendiculairement de façon à former une feuille. Les feuilles ainsi constituées sont pressées et mise à sécher avant d’être assemblées en rouleau.

À l’époque de la rédaction du papyrus Prisse, le Moyen Empire (2063-1640 av. è. c.), les feuilles mesuraient environ 40 cm de large. Un rouleau neuf mesurait alors 30 cm de haut et était coupé en deux pour des usages non officiels, tel qu’ici la littérature.

Les principes de l'écriture hiératique

Le papyrus Prisse, comme tous les textes littéraires et administratifs, est composé en hiératique. L’écriture hiératique est une forme simplifiée des hiéroglyphes. Les signes sont cursifs et parfois liés entre eux (ce que nous appelons une ligature). Le hiératique est un peu aux hiéroglyphes ce que notre écriture manuscrite est aux caractères d’imprimerie. C’était l’écriture courante de l’Égypte ancienne, celle de tous les documents de la pratique (littérature, administration, savoirs, lettres, rituels), que les scribes apprenaient bien avant les hiéroglyphes, réservés au domaine monumental.

Du hiéroglyphe au hiératique
Du hiéroglyphe au hiératique

Le hiératique est tracé à l’encre, à l’aide d’un jonc dont le bout a été broyé (probablement mâché) et qui fait ainsi office de pinceau. Il respecte les principes de l’écriture hiéroglyphique ainsi, le nom du roi se retrouve ici aussi signalé par un cartouche.

n(y)-sw.t bjt(y) Jssj ʿnḫ(=w) ḏ.t r nḥḥ
ʿnḫ(=w) ḏ.t r nḥḥ Jssj n(y)-sw.t bjt(y)
formule honorifique « qu’il soit vivant pour toujours et à jamais » nom du roi « Isési » dans son cartouche « Roi de Haute et de Basse Égypte »
ʿnḫ(=w) ḏ.t r nḥḥ Jssj n(y)-sw.t bjt(y)

L’écriture du papyrus Prisse est soignée, les référents iconiques (les objets qu’ils représentent) des signes hiératiques sont facilement reconnaissables et les ligatures sont peu nombreuses.

Extrait de la Grammaire de Champollion
Extrait de la grammaire de Jean-François Champollion montrant les signes hiéroglyphiques et leurs équivalents hiératiques.

La copie est fort soignée et les quelques fautes sont corrigées par le scribe, probablement en cours d’écriture : il efface alors le signe fautif avant de réinscrire la version correcte : ces “repentirs” se laissent deviner aux halos noirs qu’ils laissent sur le papyrus. Les traces du rythme de rechargement en encre - quand le scribe s’interrompt pour frotter son pinceau sur le pain d’encre - montre qu’il se concentre davantage sur la calligraphie que sur le sens : il s’interrompt au milieu des mots, indépendamment du sens et du découpage lexical. Le tracé des signes d’écriture (le ductus) est en effet très soigné et les graphies riches : le scribe utilise davantage de signes par exemple pour représenter la vieillesse et la dignité qu’il n’en existe en hiéroglyphes. Aussi rencontrons-nous A19 et A19 pour A19.

De la colonne à la ligne

L’aspect le plus frappant de cet artefact inscrit est la disposition du texte, en pavés de lignes : c’est à l’époque du papyrus, à la 12e dynastie, une innovation. Le scribe qui nous a également laissé le rouleau du Conte du Naufragé, où il utilise à la fois l’ancienne mise en page en colonnes et la nouvelle en lignes, n’est guère habitué à cette disposition du texte, comme le montre la grande irrégularité des pavés de textes, certains dépassant largement le champ de vision du lecteur.

Exemple de quadrats reconstitués
Exemple de quadrats reconstitués.

Différents indices prouvent que le scribe copiait son texte d’un modèle en colonne : alors que les signes hiéroglyphes sont normalement disposés de façon à former des carrés réguliers (les quadrats), souvent le scribe met simplement les signes les uns après les autres. Aussi rencontrons-nous jdbwy et jrty, alors que nous attendrions jdbwy et jrty.

Alignement attendu des signes hiératiques
Alignement attendu des signes hiératiques.

De même, le scribe décompose parfois en deux quadrats ce qui ne forme en réalité qu’un seul signe : l’influence de la disposition en colonne se décèle en de nombreux endroits. Aussi rencontrons-nous Aa21 au lieu de Aa21.

Encre rouge et encre noire

Les Égyptiens utilisaient des encres de différentes couleurs, notamment noires et rouges, pour la rédaction des textes sur papyrus.

La couleur noire était, comme aujourd’hui, la couleur standard pour écrire, et le rouge avait pour fonction de mettre en évidence et de distinguer ce qui était écrit du corps du texte, soit pour le rendre plus lisible, soit pour l’isoler. Elle était notamment utilisée pour indiquer les quantités, les totaux ou encore les dates dans les correspondances et les documents comptables, médicaux ou magiques.

Dans le domaine littéraire, comme ici, les passages à l’encre rouge, appelés rubriques, servaient au découpage du texte et ainsi de repères pour le lecteur en mettant en évidence le début du texte, les débuts des différentes sections et la fin des textes.

Le premier vers de l'Enseignement de Ptahhotep
Le premier vers de l’ Enseignement de Ptahhotep.

Dans la culture égyptienne, la couleur rouge pouvait être porteuse d’une connotation négative. Aussi l’encre rouge pouvait-elle être utilisée pour désigner des divinités dangereuses ou des ennemis.

Rechargements en encre

L’observation des manuscrits permet de montrer différents types de copie, selon l’attention que le scribe porte au contenu du texte ou à la calligraphie. Si la copie correspond à une lecture active ou à une composition, le scribe est plus engagé dans ce qu’il copie et a tendance à finir un mot ou une phrase avant de s’arrêter pour recharger son calame en encre. Au contraire, s’il est attentif aux signes et à la calligraphie, il perd de vue le sens de ce qu’il copie et s’interrompt à n’importe quel endroit du mot pour recharger son calame : la densité de l’encre et la calligraphie est alors régulière. C’est le cas du scribe du papyrus Prisse.

Cliquez sur l’image pour afficher un exemple montrant les rechargements en encre indiqués en noir et les limites des mots indiqués en blanc.
Cliquez sur l’image pour afficher un exemple montrant les rechargements en encre indiqués en noir et les limites des mots indiqués en blanc.
Cliquez sur l’image pour revenir à l'exemple sans les rechargements en encre et les limites des mots.
Cliquez sur l’image pour revenir à l'exemple sans les rechargements en encre et les limites des mots.

Le texte effacé

Les études menées sur la partie effacée, notamment grâce à la photographie infrarouge, montrent qu’il s’agit également d’un texte littéraire, que l’on suppose de même nature et de la même main que les deux œuvres qui l’encadrent. L’examen des traces subsistantes suggère la présence, au début du texte, d’un cartouche royal, évoquant une situation d’énonciation, en présence d’un grand souverain du passé, semblable à celle des deux autres enseignements du rouleau. Les traces de la fin du texte effacé sont compatibles avec un colophon du type “c’est ainsi qu’il doit aller de son début à sa fin”.

Traduction

Première ligne du texte effacé
« La Majesté du roi de Haute et Basse-Égypte [...] »
Dernière ligne du texte effacé
« [...] C’est ainsi qu’il doit aller de son début à sa fin »

Crédits

Cette présentation du papyrus Prisse a été réalisée dans le cadre d’une collaboration entre le projet Écritures (Sorbonne Université et IFAO) et la Bibliothèque nationale de France.

Direction du projet :

  • Chloé Ragazzoli

Direction technique :

  • Serge Rosmorduc
  • Nicolas Souchon

Translittération et traduction du texte égyptien d'après :

  • Bernard Mathieu

Encodage hiéroglyphique :

  • Emil Joubert

Rédaction des notices :

  • Chloé Ragazzoli
  • Nicolas Souchon

Développement informatique :

  • Serge Rosmorduc
  • Nicolas Souchon
  • Christian Gaubert

Traduction anglaise :

  • Penelope White

Lecture du texte :

  • Thibaut Corrion

Partenaires :

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Hébergement web :

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Crédits pour la vidéo et les photographies :

Toute utilisation des documents cités ci-dessus est soumise à l'autorisation du détenteur des droits.


Contact :

Vous pouvez poser vos questions ou signaler des problèmes rencontrés à l’adresse suivante contactpapyrusprisse@gmail.com.


Creative Commons License

Ce(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution 4.0 International.

Vers :
G1
(I, 1) ø wḏȝ (=w) snḏw ḥs (=w) mt (r)
« Prospère est l’homme respectueux, loué le mesuré,
G2
ø wn (=w) ẖn n grw
le baldaquin est toujours ouvert pour le réservé !
G3
(I, 2) ø wsḫ (=w) s.t n (y) .t hr (w) m mdww
Importante est la position de celui qui reste serein dans le discours !
G4
spd ds.w (I, 3) r th (w) mtn (w)
C’est contre qui sera sorti du chemin que pointeront les couteaux,
G5
nn ḥn n js ḥr sp=f
et il n’y aura point d’autre affaire que son acte !
G6
jr ḥms (w) =k ḥnʿ ʿšȝ.t (I, 4) msd t mrr (w) =k
Si tu t’asseois avec un grand nombre, dédaigne la nourriture que tu désires,
G7
ȝ.t pw kt.t dȝ {jr} <rj> jb
car maîtriser (son) désir ne réclame qu’un petit instant !
G8
ḫww pw ȝfʿ (I, 5) jw ḏbʿ=t (w) jm
C’est une faute que la gloutonnerie : on la pointe du doigt.
G9
jw jkn n (y) mw ʿḫm=f jb.t
Une coupe d’eau suffit à étancher la soif,
G10
jw mḥ.t r (ȝ) m šww (I, 6) smn=f jb
une bouchée de verdure suffit à fixer son attention.
G11
jw nfr.t jdn (=w) bw-nfr
Une bonne chose tient lieu de bonheur ;
G12
jw nh (w) n (y) kt.t jdn (=w) wr
un peu de presque rien tient lieu de presque tout.
G13
ẖs (I, 7) pw ḥntn ẖ.t=f
C’est un homme vil que celui dont le ventre est vorace :
G14
swȝ tr=s m ḫm~n=f
Le (bon) moment passe à son insu.
G15
wstn ẖ.t m pr=sn
C’est chez soi que le ventre peut se donner libre cours !
G16
jr (I, 8) ḥms (w) =k ḥnʿ ȝfʿ (w)
Si tu t’asseois avec un glouton,
G17
wnm=k ȝḫf=f swȝ (=w)
tu ne mangeras qu’une fois son appétit passé.
G18
jr swrj (w) =k ḥnʿ (I, 9) tḫw
Si tu bois avec un ivrogne,
G19
šsp=k jw jb=f ḥtp=w
tu ne te serviras qu’une fois son désir satisfait.
G20
m ȝtw w r jwf r-gs skn (w)
Ne te rue pas sur la viande à côté d’un rapace :
G21
(I, 10) šsp d=f n=k
ne te sers que lorsqu’il te donne !
G22
m wjn (w) s.t kȝ ssf.t pw
Ne décline pas l’offre : ce sera un signe d’accommodement.
G23
jr šww m srḫ n (y) t
Celui qui est exempt de (toute) dénonciation au sujet de la nourriture,
G24
(I, 11) n sḫm~n md.t nb.t jm=f
aucune affaire n’a pouvoir sur lui.
G25
ḫr <t>r n (y) ḥr r dfȝ-jb
Une attitude de respect échoit à l’homme intègre.
G26
jmȝ n=f (I, 12) kȝhs r mw.t=f
Se montre charmant envers lui (même) l’arrogant envers sa propre mère,
G27
mr=f pw bw-nb
et il trouve en chacun son partisan.
G28
jm pr rn=k (II, 1) jw gr=k m r (ȝ) =k njs=t (w) =k
Fais que ton nom ressorte, le silence dans ta bouche, et on t’appellera !
G29
m ʿȝ (w) jb=k ḥr ḫpš (II, 2) m-ḥr (y) -jb ḏȝm.w=k
Ne t’enorgueillis pas de ta force parmi tes contemporains !
G30
sȝw jtn=k
Garde-toi bien de t’opposer,
G31
n rḫ~n=tw ḫpr.tj
car on ne peut connaître ce qui peut se produire,
G32
jrr (w) .t nṯr ḫft ḫsf=f
ni ce que fait le dieu quand il châtie ! »
G33
(II, 3) rd~jn ṯȝt (y) njs=t (w) nȝy=f n (y) ẖrd.w
Puis le vizir fit appeler ses enfants,
G34
m-ḫt ʿrq=f sḫrw (II, 4) rmṯ
lui qui avait compris les manières des hommes,
G35
bjȝ.t=sn m jy.t ḥr=f //
leur comportement parvenant à sa vue,
G36
ḏr~n ḏd~n=f n=sn
et à la fin il leur dit :
G37
jr nt (y) .t nb.t m sš ḥr (II, 5) pȝ šfdw //
« Tout ce qui est écrit sur ce rouleau,
G38
sḏm (.w) s.t mj ḏd=j s.t
écoutez-le comme mes paroles,
G39
m sn (w) ḥȝw ḥr šȝȝ (w) .t
et n’allez pas au-delà de ce qui est décidé ! »
G40
wn~jn=sn (II, 6) ḥr rd.t=s.t ḥr ẖ.wt=sn //
Ils se mirent sur le ventre
G41
wn~jn=sn ḥr šd.t=s.t mj nt (y) .tm sš
et récitèrent fidèlement.
G42
wn~jn nfr s.t ḥr jb=sn (II, 7) r ḫ.t nb.t //
Et ils en éprouvèrent un bien-être plus grand que tout
G43
nty (.t) m tȝ pn r-ḏr (w) =f
ce qui existe dans ce pays entier.
G44
wn~jn ʿḥʿ=sn ḥms=sn ḫft (w)
Désormais, ils se comportèrent conformément (à cela).
G45
ʿḥʿ~n ḥm n (y) n (y) -sw.t bjt (y) Ḥwny (II, 8) mnj~n=f
Puis la Majesté du roi de Haute et Basse-Égypte Houni décéda,
G46
ʿḥʿ~n sʿḥʿ ḥm n (y) n (y) -sw.t bjt (y) Snfrw m n (y) -sw.t mnḫ m tȝ pn r-ḏr (w) =f
la Majesté du roi de Haute et Basse-Égypte Snéfrou fut établie comme roi bienfaisant dans ce pays entier,
G47
ʿḥʿ~n ø rd (=w) (II, 9) Gm~n=j-kȝ (=j) r (j) m (y) -r (ȝ) njw.t ṯȝ {n} <t> (y)
et Gemnikaï fut promu maire et vizir.
G48
jw (w) =f pw ( (m) ḥȝ.t=f r pḥ (.wy) =fy mj gmy.t m sš)
C’est (ainsi) qu’il doit aller.
E1
(II, 10) ḥm n (y) n (y) -sw.t bjt (y) ⟦ //...// ⟧
La Majesté du roi de Haute et Basse-Égypte ⟦ //...// ⟧
EX
(IV, 1) jw (w) .f pw (m) ḥȝ.t.f r pḥ (.wy) .fy
C’est ainsi qu’il doit aller de son début à sa fin
P1-P4
(IV, 2) sbȝ.yt n (y) .t (j) m (y) -r (ȝ) njw.t ṯȝt (y) Ptḥ-ḥtp
Enseignement du maire et vizir Ptahhotep
P5
ḫr ḥm n (y) n (y) -sw.t bjt (y) Jssj ʿnḫ (=w) ḏ.t r nḥḥ
du temps de la Majesté du roi de Haute et Basse-Égypte Isési en vie pour l’éternité djet et l’éternité néheh.
P6
(IV, 3) (j) m (y) -r (ȝ) njw.t ṯȝt (y) Ptḥ-ḥtp ḏd=f
Le maire et vizir Ptahhotep parle.
P7
jty nb=j
« Souverain, mon seigneur,
P8
ṯnj ḫpr (=w) jȝw hȝ=w
le grand âge est arrivé, la vieillesse est tombée,
P9
(IV, 4) wgg jw=w jḥw ḥr mȝw
la déchéance est venue, la sénescence avance,
P10
sḏr (w) n=f ẖrd (=w) rʿ nb
celui qui reste couché à cause d’elle retombe en enfance chaque jour.
P11
jr.ty nḏs=w (IV, 5) ʿnḫ.wy jmr=w
La vue a baissé, l’ouïe est dure,
P12
pḥty ḥr ȝq n wrd-jb
la vigueur disparaît à force de fatigue.
P13
r (ȝ) gr (=w) n mdw~n=f
La bouche est silencieuse, incapable de parler,
P16
(V, 1) jb tm=w n sḫȝ~n=f sf
L’esprit est absent, incapable de se souvenir d’hier.
P17
qs mnn=f n ȝww
Les os sont constamment douloureux.
P18-P19
bw-nfr ḫpr (=w) m bw-bjn dp.t nb.t šm=t (j)
Le bien s’est changé en mal et toute appétence s’en est allée.
P20-P21
(V, 2) jrr (w) .t jȝw n rmṯ bjn m ḫ.t nb.t
Ce que fait la vieillesse aux hommes : du mal en toute chose.
P22
fnd ḏbȝ (=w) n ssn~n=f
Le nez est bloqué, incapable de respirer,
P23
n (j) tnw ʿḥʿ-ḥms.t
et le moindre mouvement est une épreuve.
P28
wḏ=t (w) n bȝk-jm (=j) (V, 3) jr.t mdw-jȝw
Qu’on ordonne au serviteur que je suis de (se) faire un “bâton de vieillesse” :
P30
jḫ ḏd=j n=f mdw sḏmy.w
je pourrai ainsi lui transmettre les propos de ceux qui ont écouté,
P31-P32
sḫrw.w jm (y) .w-ḥȝ.t pȝw.w sḏm (w) n nṯr.w
les avis des devanciers qui jadis écoutaient les dieux,
P33
jḫ jr=t (w) n=k (V, 4) (m-) mjt.t
et on fera pour toi de même ;
P34-P35
dr=tw šnw.w m rḫy.t bȝk n=k Jdb.wy
on chassera les souffrances du peuple, et les Deux Rives te serviront. »
P36
ḏd~jn ḥm n (y) nṯr pn
La Majesté de ce dieu répondit :
P37
sbȝ r=k sw (V, 5) r md.t ẖr-ḥȝ.t
« Enseigne-lui donc les paroles d’antan,
P39
jḫ jr=f bjȝw n msw.w sr.w
et il fera merveille auprès des enfants des dignitaires !
P40
ʿq sḏm jm=f mt.t-jb nb (.t) (V, 6) ḏd (w) n=f
L’écoute pénètrera en lui, toute droiture lui ayant été transmise,
P41
nn msy sȝ (r) w
car nul ne naît doté de discernement. »
P42
ḥȝ.t-ʿ m ṯsw.w n (y.w) md.t nfr.t
Début des vers de beau langage
P43
ḏd (w) .t~n (j) r (y) -pʿ.t ḥȝt (y) -ʿ
prononcés par le prince et gouverneur,
P43b-P44
jt-nṯr mry nṯr sȝ n (y) -sw.t (V, 7) smsw n (y) ẖ.t=f
père-divin et aimé du dieu, fils royal aîné de sa chair,
P46
(j) m (y) -r (ȝ) njw.t ṯȝt (y) Ptḥ-ḥtp
le maire et vizir Ptahhotep,
P47-P48
m sbȝ (w) ḫmw.w r rḫ r tp-ḥsb n (y) md.t nfr.t
enseignant aux ignorants l’apprentissage selon la norme du beau langage,
P49-P50
m ȝḫ.t n (V, 8) sḏmty.fy m (w) gg.t n nty r th.t=s.t
chose utile à qui écoutera, mais préjudiciable à qui la transgressera.
P51
ḏd~jn=f ḫr sȝ=f
Il s’adressa ainsi à son fils :
P52
m ʿȝ (w) jb=k ḥr rḫ=k
« Ne t’enorgueillis pas d’apprendre,
P54
nḏnḏ r=k (V, 9) ḥnʿ ḫm (w) mj rḫ (w)
prends donc conseil de l’ignorant comme du savant.
P55
n jn (t) =t (w) ḏrw ḥm.t
On n’atteindra jamais les limites de l’art,
P56
nn ḥmww ʿpr (w) ȝḫw=f
aucun artisan n’est muni de tout son génie.
P58
(V, 10) dgw md.t nfr.t r wȝḏ
Le beau langage se dissimule plus encore que l’émeraude,
P59
jw gm=t (w) =s m-ʿ ḥm.wt ḥr bnw.wt
on peut le trouver jusque chez les servantes qui sont aux meules.
P60
jr gm (w) =k ḏȝjsw m ȝ.t=f
Si tu rencontres un orateur à l’œuvre,
P61
(V, 11) ḫrp-jb m jqr r=k
qui a plus de maîtrise et d’habileté que toi,
P62
ḫȝm ʿ.wy=k ẖȝm sȝ=k
Incline les bras, courbe l’échine,
P63
m ṯȝ (w) jb=k r=f nn <r>mn n=f n=k
ne le défie pas : il lui sera impossible de se confronter à toi.
P64
sʿnd=k (V, 12) ḏd (w) bjn
Tu rabaisseras celui qui parle à tort
P65
m tm ḫsf sw m ȝ.t=f
en ne l’affrontant pas quand il est à l’œuvre ;
P66
njs=t (w) =f m ḫm (w) -ḫ.t pw
il passera pour un complet ignorant
P67
rmn~n dȝ{r}j-jb=k (V, 13) ʿḥʿw=f
quand ta retenue aura été confrontée à sa faconde.
P68
jr gm (w) =k ḏȝjsw m ȝ.t=f
Si tu rencontres un orateur à l’œuvre,
P69
mjtw=k nty m rmnw.t=k
qui est ton égal, à ta main,
P70
dd=k ḫpr jqr=k r=f (V, 14) m gr
tu dois faire prévaloir ta qualité sur lui par le silence,
P71
jw=f ḥr md.t bjn.t
tandis qu’il tient de mauvais discours.
P72
ø wr (=w) wfȝ jn sḏmy.w
Grand sera le désaveu de la part de ceux qui écoutent,
P73
rn=k nfr (=w) m ḫr n (y) sr.w
et ton renom parfait à la connaissance des dignitaires.
P74
(VI, 1) jr gm (w) =k ḏȝjsw m ȝ.t=f
Si tu rencontres un orateur à l’œuvre,
P75
m ḥwrw n js mjtw=k
(d’un talent) médiocre, et non ton égal,
P76
m ȝd (w) jb=k r=f ḫft ẖss=f
ne te montre pas arrogant envers lui sous le prétexte de son infériorité,
P77
(VI, 2) jm sw r tȝ ḫsf=f n=f ḏs=f
abandonne-le et il se punira lui-même.
P78
m wšd (w) sw r jsy jb=k
Ne lui réponds pas pour soulager ta conscience,
P79
m jʿ (w) jb n (y) nty ḫft=k
ni n’assouvis le désir de celui qui te fait face,
P81
qsn pw (VI, 3) ḥḏḏw ḥwrw-jb
– il est déplacé de démolir un faible d’esprit –
P82
tw r jr.t nt (y) .t m jb=k
et l’on agira selon ta volonté.
P83
ḥw=k sw m ḫsf n (y) sr.w
Tu le frapperas par la punition que (lui) infligeront les dignitaires.
P84
jr wnn=k m (VI, 4) sšmy
Si tu es en position de dirigeant,
P85
ḥr wḏ n sḫrw n ʿšȝ.t
prescrivant des dispositions à la foule,
P86
ḥḥ n=k sp nb mnḫ
cherche donc toutes les solutions adaptées
P87
r wnt sḫrw=k nn jww (VI, 5) jm=f
pour rendre tes dispositions irréprochables.
P88
ø wr (=w) mȝʿ.t ø wȝḥ (=w) spd.t
La maât est vénérable et d’un effet durable,
P89
n ẖnn (w) .t=s ḏr rk Wsjr
elle est imperturbable depuis le temps d’Osiris.
P90
jw ḫsf=tw n swȝ (w) ḥr hp.w
On punit celui qui néglige les lois,
P91
swȝ.t (VI, 6) pw m ḥr n (y) ʿwn-jb
c’est ce que néglige l’homme cupide.
P92
jn nḏy.t jtt (w) ʿḥʿw
C’est la bassesse qui prend la richesse,
P93
n pȝ ḏȝy.t mnj sp=s
mais la vilénie n’est jamais parvenue à bon port.
P95
jw=f ḏd=f (VI, 7) sḫt=j r=j ḏs=j
On dit : “Je veux acquérir par moi-même”,
P96
n ḏd~n=f sḫt=j ḥr ḥn.t=j
on ne dit pas : “Je veux acquérir par ma fonction”.
P97
wn pḥwy mȝʿ.t wȝḥ=s
À la fin, seule la maât perdure,
P98
ḏd w s w-jt=j pw
et l’on ne pourra point dire : “C’est mon patrimoine !”.
P99
(VI, 8) jm=k jr (w) ḥr (w) m rmṯ
Tu ne te livreras pas à des intrigues,
P100
ḫsf nṯr m mjt.t
ou le dieu punira comme il se doit.
P101
jw s ḏd=f ʿnḫ (=j) jm
On dit : “Je vais en vivre”,
P102
jw=f šw=f m t n tp-r (ȝ)
mais on manque de pain à cause d’une déclaration.
P103
jw s ḏd=f (VI, 9) wsr (=j)
On dit : “Je vais avoir le pouvoir”,
P107
jw=f ḏd=f sḫt=j r=j sjȝ=t (w) =j
on dit : “Je vais acquérir pour être reconnu”,
P111
jw s ḏd=f ḥwtf (=j) ky
on dit : “Je veux spolier autrui”,
P112
jw=f pḥ=f rd.t=f n ḫm (w) ~n=f
puis on finit par tout laisser à un inconnu.
P115
n pȝ (VI, 10) ḥr (w) n (y) rmṯ ḫpr
Les intrigues n’ont jamais abouti,
P116
wḏ nṯr pw ḫpr (w) .t
car c’est l’ordre du dieu qui se réalise.
P117
kȝ ʿnḫ m-ẖnw hr.t
Songe à vivre en toute sérénité,
P118
jy dd (w) .t=sn ḏsj
car ce qu’ils accordent vient naturellement.
P119
(VI, 11) jr wnn=k m s n (y) ḥmsw
Si tu fais partie de ceux qui s’asseoient
P120
r s.t ṯ.t wr r=k
à la table d’un plus important que toi,
P121
šsp d.t (j) =f d=w r fnd=k
prends ce qu’il laissera et qui se trouvera sous ton nez !
P123
gmḥ=k r nt (y) .t m-bȝḥ=k
Tu regarderas ce qui est devant toi.
P124
m stw sw (VII, 1) m gmḥ (.w) ʿšȝ.w
Ne le transperce pas de regards insistants :
P125
bw.t kȝ pw wd.t jm=f
c’est l’abomination du ka que de le gêner.
P126
m mdw n=f r jȝšt=f
Ne lui parle pas avant qu’il ne s’adresse à toi,
P127
n rḫ~n=tw bjn.t ḥr jb
car on ne peut pressentir ce qui est mal perçu ;
P129
mdw=k ḫft wšd=f tw
tu ne parleras que lorsqu’il t’aura interrogé
P130
jw ḏd.t (j) =k r nfr ḥr jb
et ce que tu diras sera bien perçu.
P135
(VII, 2) jr wr wnn=f ḥȝ t
Un grand, quand il s’occupe de la nourriture,
P136
sḫr=f ḫft wḏ kȝ=f
son avis se conforme à ce qu’exige son ka ;
P137
jw=f r rd.t n ḥssy=f
il donnera à son favori,
P138
sḫrw pw n (y) grḥ ḫpr (=w)
car c’est “l’avis de la nuit” qui sera advenu.
P139
jn kȝ dwn ʿ.wy=fy
C’est le ka qui tend les bras,
P140
wr d=f n pḥ~n s
le grand donne quand l’homme ne peut atteindre ;
P142
jw wnm t ẖr (VII, 3) sḫrw nṯr
manger le pain dépend de l’avis du dieu :
P144
jn ḫm (w) ʿnʿy=f ḥr=s
ignorant qui en grognerait.
P145
jr wnn=k m s n (y) ʿq
Si tu es un homme de confiance,
P146
hȝbw wr n wr
qu’un grand envoie à un (autre) grand,
P147
mty ḥr qdw hȝb=f tw
fais preuve d’une parfaite mesure quand il t’envoie
P148
jr n=f wpw.t mj ḏd=f
et remplis pour lui la mission comme il le demande.
P149
(VII, 4) ʿḥȝ t (w) m sḏw m md.t
Garde-toi de médire avec une parole
P150
skn.tj wr n wr
qui puisse créer la zizanie entre un grand et un autre.
P151
ndr mȝʿ.t m sn (w) =s
Maintiens la maât, ne l’outrepasse pas,
P152
n wḥm=t (w) js <m> jʿ (w) n (y) jb
on ne fait pas rapport en assouvissant ses désirs.
P159-P160
m mdy r rmṯ nb.t wr ktt
Ne diffame personne grand ou petit,
P160
(VII, 5) bw.t kȝ pw
car c’est l’abomination du ka.
P161
jr skȝ (w) =k dwr (w) ø m sḫ.t
Si tu sèmes, que cela a poussé dans le champ,
P162
d s.t nṯr wr m ʿ=k
et que le dieu fait fructifier ton activité,
P165
m sȝ r (ȝ) =k r-gs hȝw=k
ne va pas t’en repaître auprès de ton entourage,
P166
ø wr (=w) jr.t (j) ḥry.t n (y) .t gr (w)
car considérable est ce que peut faire la retenue de l’homme silencieux.
P167
jr nb qdw m nb ḫ.t
Celui qui sait contrôler sa nature tout en ayant du bien,
P168
(VII, 6) jtt=f mj msḥ m qnb.wt
il l’emporte comme un crocodile dans les tribunaux.
P169
m twȝ (w) n jwt (y) msw.w=f
Et ne dédaigne pas qui n’a pas eu d’enfant,
P170
m ḥwrw m ʿbʿ (w) jm
ne montre à ce sujet ni mépris ni orgueil :
P171
jw ø wn (=w) wr jt m ȝhw
il existe maints pères qui sont dans la détresse,
P172
mw.t ms (w) .t ḥtp k (y) .t r=s
et la mère accouchée voit plus heureuse qu’elle.
P173
jn wʿ (VII, 7) sḫprw nṯr
C’est un être humain seul que promeut le dieu ;
P174
jw nb wḥy.t nḥ=s šms=f
on peut posséder une tribu et lui être asservi.
P175
jr ẖs (w) =k šms s jqr
Si tu es d’humble condition, sers un homme de qualité,
P176
nfr sšmw=k nb ḫr nṯr
ta conduite sera toujours bonne auprès du dieu ;
P177
m rḫ~n=k nḏsw ḫntw
si tu as appris sa condition modeste passée,
P178
jm=k ʿȝ (w) (VII, 8) jb=k r=f
tu ne montreras pas d’orgueil envers lui.
P179
ḥr rḫ (w) .t~n=k jm=f ḫntw
Pour ce que tu as appris de sa situation passée,
P180
snḏ n=f ḫft ḫpr (w) .t n=f
respecte-le en fonction de ce qui lui est advenu ;
P181
n jy js ḫ.t ḏs (w)
le bien ne vient pas naturellement :
P182
hp=sn pw n mrrw=sn
c’est (l’effet de) leur loi pour celui qu’ils aiment.
P183
jr ṯtf jw sȝq~n=f ḏs (w)
L’opulence, il l’a constituée de lui-même,
P184
jn nṯr jr (w) jqr=f
mais c’est le dieu qui a fait sa qualité,
P185
(VII, 9) ḫsf=f ḥr=f jw=f sḏr (=w)
tout en veillant sur lui quand il est couché.
P186
šms jb=k tr n (y) wnn=k
Suis ton désir le temps que tu existes,
P187
m jr (w) ḥȝw ḥr mdd.wt
mais n’ajoute pas à ce qui est dicté !
P188
m ḫb (w) tr n (y) šms jb
Ne réduis pas le temps de suivre le désir,
P189
bw.t kȝ pw ḥḏ.t ȝ.t=f
car c’est l’abomination du ka que de briser son instant !
P190
m ngb (w) sp (VII, 10) ẖr.t hrw
N’épargne pas un moment de la journée
P191
m ḥȝw n grg pr=k
pour ajouter à la fondation de ta maison !
P192
ḫpr ḫ.t ø šms (=w) jb
Le bien n’échoit que lorsqu’on suit son désir,
P193
nn km n (y) ḫ.t jw (w) sfȝ=f
point de profit matériel quand on est indolent.
P197
jr wnn=k m s jqr
Si tu es un homme de qualité,
P198
jr=k sȝ n s (j)(VII, 11) nṯr
tu feras un fils par la grâce du dieu.
P199
jr mty (w) =f pẖr (w) =f n qdw=k
S’il fait preuve de mesure, qu’il sert ta nature
P202
nww=f ḫ.t=k r s.t jry
et qu’il prend soin de ton bien comme il convient,
P203
jr n=f bw nb nfr
procure-lui tout le bien-être possible,
P204
sȝ=k pw n (y) sw st kȝ=k
car c’est ton fils, qui relève de la procréation de ton ka.
P205
jm=k jwd (w) jb=k r=f
Tu ne détacheras pas de lui ton attention :
P206
jw mtw.t (VII, 12) jr=s šnty
la semence peut engendrer le conflit.
P207
jr nnm (w) =f th (w) =f sḫrw=k
S’il s’égare et transgresse ta décision,
P210
btn~n=f ḏd (w) .t nb.t
après s’être opposé à toute parole,
P211
šm (w) r (ȝ) =f m md.t ẖs.t
que sa bouche profère des mots indécents,
P215
bȝk=k sw r r (ȝ) =f mj-qdw=f
tu dois le rétribuer de tous ses propos,
P216
wd (w) r=k m ḫbd (w) ~n=sn
car celui qui te tient tête est un être qu’ils ont honni,
P217
(VIII, 1) wdd (w) sdb n=f pw m ẖ.t
c’est un être frappé de disgrâce dès le ventre de sa mère.
P218
nn nm~n sšm (w) =sn
Celui qu’ils guident n’erre point,
P219
n gm~n (VIII, 2) jww=sn ḏȝ.t
mais celui qu’ils font stagner ne trouve aucun moyen de traverser.
P220
jr wnn=k m Rwry.t
Si tu es dans la salle à colonnes,
P221
ʿḥʿ ḥms (VIII, 3) r nmtw=k
comporte-toi selon ton rang ;
P222
wdd (w) n=k hrw tp (y)
ce qui t’a été assigné au premier jour,
P223
m swȝ (w) ḫpr šnʿ=t (w) =k
ne l’outrepasse pas au risque de te faire refouler.
P224
(VIII, 4) spd-ḥr n ʿq (w) smj
Un homme clairvoyant est celui qui entre à l’appel,
P225
ø wsḫ (=w) s.t n (y) .t jȝš (w) n=f
importante est la position du sollicité;
P227
jw Rwr (VIII, 5) y.t r tp-ḥsb
la salle à colonnes est régie par un règlement,
P228
sḫr (w) nb ḫft ḫȝy
chaque attitude est réglée au cordeau.
P229
jn nṯr sḫnt (w) s.t
C’est le dieu qui fait avancer la position,
P231
n jr=<t>w (VIII, 6) rdw.w qʿḥ
on n’a jamais promu ceux qui ont donné de l’épaule.
P232
jr wnn=k ḥnʿ rmṯ
Si tu es avec des gens,
P233
jr n=k mr.w n (y.w) kfȝ-jb
gagne les partisans d’un homme réfléchi,
P234
kfȝ- (VIII, 7) jb
un homme réfléchi
P235
jwt (y) pẖr=f ḏd (w) m ẖ.t=f
qui ne soit pas l’esclave de ce que lui dicte son ventre,
P237
ḫpr=f m ṯsw ḏs=f
qui devient commandant par lui-même,
P239
nb-ḫ.t (VIII, 8) m (j) m sḫrw=f
le nanti se demandant : “Quel serait son avis ?”.
P240
rn=k nfr (=w) nn mdwy=k
Ton renom sera parfait, sans diffamation,
P241
ḥʿw=k ḏfȝ=w ḥr=k (VIII, 9) r hȝw=k
ton corps bien nourri et ton attention tournée vers ton entourage,
P242
ʿb (ʿ) =tw n=k m ḫm (w) .t~n=k
et l’on vantera tes mérites à ton insu.
P243
wnn jb sḏm (w) n ẖ.t=f
L’homme qui obéit à son ventre
P244
d=f kn.t=f (VIII, 10) m s.t mrw.t=f
suscite la dépréciation au lieu de l’affection,
P245
jb=f ȝq=w ḥʿw=f ẖsȝ (=w)
son esprit est stérile et son corps rêche.
P247
jw ø wr (=w) jr rdw.w (VIII, 11) nṯr
Considérable est la volonté de ceux que le dieu a dotés ;
P248
jw sḏm (w) n ẖ.t=f n (y) sw Ḫft (y)
celui qui obéit à son ventre, il appartient à l’Adversaire.
P249
smj sšmw=k nn ʿm-jb
Rapporte ta conduite sans avaler ton esprit,
P250
d sḫrw=k m (VIII, 12) sḥ n (y) nb=k
range ton avis au conseil de ton seigneur.
P251
jr ṯtf=ø r=f ḫft ḏd=f nn
Si le messager est bavard quand son seigneur dit “non”,
P252
ø qsn (=w) r wpwty smj.t
son rapport est jugé déplaisant.
P253
(VIII, 13) nn wšb=t (w) m (j) ȝ rḫ=j s.t
On ne doit pas lui répondre : “Mais comment ? Je veux savoir”,
P254
jn wr r ḫ.t=f nnm (w)
(ou alors) c’est le grand pris par ses affaires qui s’égare ;
P255
jr kȝ (w) =f (VIII, 14) r ḫsf ḥr=s
et s’il songe à le punir pour cela,
P256
jw=f gr=f ḥr jw ḏd~n=j
le messager doit se taire et s’en tenir à : “J’ai dit (ce que j’avais à dire).”
P257
jr wnn=k m sšmy
Si tu es en position de dirigeant,
P258
wstn (w) (IX, 1) sḫrw.w m wḏ (w) .t~n=k
libre de tes avis et de tes ordres,
P259
jrr=k ḫ.t ṯnw (w)
tu dois faire les choses avec distinction,
P260
sḫȝ~n=f (IX, 2) hrw.w jj (w.w) ḥr-sȝ
en ayant pensé aux jours suivants.
P261
n jy md.t m-qȝb ḥs.wt
Une affaire n’a jamais abouti au milieu de louanges :
P262
(IX, 3) bss kȝpw ḫpr sfȝ.t
comme surgit le Crocodile-dissimulé survient le dédain !
P264
jr wnn=k m sšmy
Si tu es en position de dirigeant,
P265
hr sḏm=k (IX, 4) mdw sprw
fais preuve de sérénité quand tu écoutes la parole d’un plaignant ;
P266
m gnf (w) sw r sk (y) t ẖ.t=f
ne le rabroue pas jusqu’à ce que son cœur soit déchargé
P267
m kȝ (w) .t~ (IX, 5) n=f ḏd n=k s.t
de ce qu’il avait prévu de te dire.
P268
mr ẖr (y) jww jʿ.t jb=f
La victime préfèrera (encore) laver son cœur
P269
r jr.t jj.t~n=f ḥr=s
plutôt que de voir traiter ce pour quoi elle est venue.
P273
jr (IX, 6) jr (w) gn<f>w spr.wt
Celui qui a procédé au rejet des plaintes,
P274
jw ḏd=tw jw tr r m (j) th=f s.t
on dit de lui : “Mais pourquoi les refuse-t-il ?”
P275
nn (IX, 7) spr.t n=f nb.t ḥr=s m ḫprt (y) =sn
La plainte déposée auprès de lui ne doit-il aboutir,
P276
snʿʿ-jb pw sḏm (w) nfr (w)
celui qui écoute à la perfection passe pour un homme poli.
P277
jr mr (w) =k (IX, 8) swȝḥ ḫnms
Si tu désires faire durer l’amitié
P278
m-ẖnw {pr} ʿq (w) =k r=f
à l’intérieur d’une maison que tu fréquentes
P279
m nb m sn (IX, 9) m ḫnms r (ȝ) -pw
en qualité de maître, de frère ou d’ami,
P280
r bw nb ʿq (w) =k jm
à quelque endroit où tu aies accès,
P281
ʿḥȝ t (w) m tkn m ḥm.wt
garde-toi d’approcher des femmes :
P282
(IX, 10) n nfr~n bw jrrw s.t jm
rien d’heureux ne peut résulter de leur commerce.
P283
n spd~n ḥr ḥr pḫȝ=s.t
On perd la lucidité à les observer :
P284
jw ngb=tw (IX, 11) s ḫȝ r ȝḫ.t n=f
une foule d’hommes sont ainsi écartés de leur intérêt.
P287
ȝ.t kt.t (m-) mjt.t rsw.t
Un bref instant, comparable à un rêve,
P288
jw pḥ=tw m (w) t (IX, 12) ḥr rḫ=s.t
on gagne la mort à vouloir le connaître.
P292
ṯs pw ẖs st ḫft (y)
C’est une vile maxime que “Fais-toi l’Adversaire !”
P293
pr=tw r jr.t=f jb ḥr (IX, 13) wjn=f
on évitera de l’appliquer quand la conscience y répugne ;
P296
jr whh (w) m skn ḥr=s
celui qui échappe à la convoitise en ce domaine,
P297
n mʿr~n sḫrw nb m-ʿ=f
n’obtient-il pas la réussite en toute entreprise ?
P298
jr mr (w) =k (X, 1) nfr sšmw=k
Si tu désires que ta conduite soit parfaite,
P299
nḥm tw m-ʿ ḏw.t nb.t
sauve-toi de tout mal ;
P300
ʿḥȝ t (w) ḥr sp n (y) ʿwn-jb
défends-toi de faire preuve de cupidité :
P301
(X, 2) ḫȝ.t pw mḥr.t n (y) .t bṯ.t
c’est l’affection douloureuse d’un venin-incurable.
P302
n ḫpr~n ʿq (w) jm=s
Toute relation d’intimité en est compromise,
P303
jw=s sbj<~n=s> jt.w mw.wt
elle pervertit pères et mères,
P304
(X, 3) ḥnʿ sn.w n (y) .w mw.t
ainsi que les frères de la mère,
P308
jw nš=s ḥm.t ṯȝy
elle prive la femme du mari.
P309
ṯȝw.t pw bjn.t (X, 4) nb.t
C’est une collection de maux en tout genre,
P310
ʿrf pw n (y) ḫbd.t nb.t
c’est un amoncellement d’affres en tout genre.
P312
wȝḥ s ʿqȝ=f mȝʿ.t
L’homme ne perdure qu’en s’ajustant à la maât.
P313
šm (w) r nmt.t=f
Celui qui va selon son rang,
P314
(X, 5) jw=f jr=f jm (y) .t-pr jm
il doit y conformer (son) testament ;
P315
nn wn js <n> ʿwn-jb
pas de tombe, en revanche, pour le cupide.
P316
m ʿwn jb=k ḥr psš.wt
Ne te montre pas cupide dans les partages,
P317
(X, 6) m ḥnt n js r ẖr.t=k
ne te montre pas avide, sauf pour ton dû.
P318
m ʿwn jb=k r hȝw=k
Ne te montre pas cupide envers ton entourage,
P319
ø wr (=w) twȝ n (X, 7) sfw r nḫt (w)
car on honore bien davantage le conciliant que le violent.
P320
ʿnd (w) pw prr (w) ẖr hȝw=f
C’est un homme diminué que celui qui s’expose à son entourage,
P321
šw (=w) m jn.t n (y.t) md.t
car il se prive de l’appel aux mots.
P322
jn (X, 8) nhw n (y) ʿwn.t ḥr=s
C’est un peu de cette sorte de cupidité
P323
sḫpr (w) šnty m qb-ẖ.t
qui suffit à changer en querelleur un tempérament calme.
P325
jr jqr (w) =k grg (w) =k pr=k
Si tu es un homme de qualité et que tu fondes ta maison,
P326
(X, 9) mr=k ḥm.t=k m ẖn
tu chériras ta femme ardemment.
P327
mḥ ẖ.t=s ḥbs sȝ=s
Emplis son ventre et habille son dos,
P328
pẖr.t pw n (y) .t ḥʿw=s mrḥ.t
l’onguent est le soin de son corps.
P329
(X, 10) sȝw jb=s tr n (y) wnn.t=k
Comble son désir le temps de ton existence,
P330
ȝḥ.t pw ȝḫ.t n nb=s
car c’est un champ utile à son seigneur.
P331
jm=k wḏʿ (w) s (.y) (r-) ry.t
Tu ne dois pas la répudier :
P332
(X, 11) sḥr s (.y) r sḫm ȝr{d}=s
éloigne-la du pouvoir de sa séduction,
P333
ḏʿ=s pw jr.t=s mȝȝ=s
car c’est une tempête que son regard ;
P335
swȝḥ=s (X, 12) pw m pr=k
c’est (le moyen de) la maintenir dans ta maison,
P336
šnʿy=k s (.y) mw pw
car si tu la repousses, elle sera (comme) de l’eau.
P337
kȝ.t=s n ʿ.wy=s
Sa vulve, une fois livrée à elle-même,
P338
šnn=t (w) =s jr~n=s mr
on ne peut la conjurer qu’après qu’elle a (déjà) fait (son) canal.
P339
(XI, 1) sḥtp ʿq.w=k m ḫpr (w) .t n=k
Satisfais tes intimes de ce qui t’a échu,
P340
ḫpr=ø n ḥssw nṯr
car c’est à un favorisé du dieu que cela échoit !
P341
jr whh (w) m sḥtp (XI, 2) ʿq.w
De celui qui manque à satisfaire ses intimes,
P342
jw ḏd=tw kȝ pw ʿȝbw
on dit : “C’est un ka avare !”
P343
n rḫ~n=tw ḫpr.t (j)
On ne peut connaître ce qui peut se produire
P343b
sjȝ=f dwȝ
pour discerner le lendemain ;
P344
(XI, 3) kȝ pw kȝ n (y) mty ḥtpw jm=f
c’est un ka juste que celui dont on est satisfait.
P346
jr ḫpr (w) sp.w n (y) .w ḥs.t
Quand se produisent des événements favorables,
P347
jn ʿq.w ḏd (w) (XI, 4) jj=w{w}y
ce sont les intimes qui disent : “Bienvenue !” ;
P348
n jn~n=tw ḥtp.t r dmj
on ne va pas chercher le réconfort au quai,
P349
jw jn=tw ʿq.w wn (=w) ȝq
on va chercher les intimes dans l’épreuve.
P350
(XI, 5) jm=k wḥm (w) mskj n (y) md.t
Tu n’enregistreras pas d’affaire de calomnie,
P351
n sḏm=k sw
alors que tu n’as pas écouté
P352
prw pw n (y) tȝ ẖ.t
– c’est la réaction de l’impulsif –,
P353
(XI, 6) wḥm md.t ø mȝ (=w)
n’enregistre qu’une affaire avérée.
P353-P354
n sḏm~n=ø s.t
Impossible d’écouter ?
P354
r tȝ m ḏd (w) r (w) sy
Abandonne, ne te prononce surtout pas,
P355
mk ḫft-ḥr=k rḫ (XI, 7) jqr
observe ce qui est en face de toi, tâche de reconnaître la qualité !
P356
jw wḏ=tw ṯȝw.t jrt (y) =s
On ordonne une instruction susceptible d’aboutir,
P357
sḫprw r ṯt=s m msd.t (XI, 8) mj hp
l’enquêteur l’affranchira de la haine en vertu de la loi.
P359
msk (j) swn (=w) rsw.t pw
la calomnie dépérit, car elle n’est qu’un songe :
P360
ḥbs tw ḥr=s
couvre-toi contre elle !
P362
jr wnn=k m s (XI, 9) jqr
Si tu es un homme de qualité,
P363
ḥms (w) m sḥ n (y) nb=f
siégeant au conseil de son seigneur,
P364
sȝq jb=k r bw-jqr
concentre ta volonté sur l’excellence.
P365
gr=k (XI, 10) ø ȝḫ (=w) s.t r tftf.w
Tu garderas le silence, car c’est plus utile que des bavardages.
P366
mdy=k rḫ~n=k wḥʿ=k
tu ne t’exprimeras qu’après avoir compris que tu avais l’explication,
P367
jn ḥmww (XI, 11) mdww m sḥ
car seul l’expert doit s’exprimer au conseil.
P368
ø qsn (=w) md.t r kȝ.t nb.t
L’art du discours est plus ardu que tout autre :
P369
jn wḥʿ (w) s (.y) dd (w) s (.y) r ḫt
seul celui qui a l’explication doit le pratiquer.
P370
(XI, 12) jr wsr (w) =k dd=k snḏ =k
Si tu es un homme opulent, tu ne dois susciter la crainte
P371
m rḫ m hr.t ḏd
que par le savoir et la sérénité du langage.
P372
m wḏ (w) tp (w) (XI, 13) n js r sšm.w
N’ordonne pas de ton propre chef, mais en fonction de la situation :
P373
jw štm (w) ʿq=f n jw.wt
celui qui invective verse dans la faute.
P374
(XII, 1) m qȝ (w) jb=k tm=f dḥj (w)
Ne te montre pas hautain pour éviter d’être humilié,
P375
m gr (w) sȝw ḫn=k
ne reste pas silencieux, mais garde-toi d’offenser.
P376
(XII, 2) wšb=k md.t m nsr
En réponse à un discours enflammé,
P377
sḥr ḥr=k ḥn tw
prends du recul et maîtrise-toi ;
P378
jw ns.wt (XII, 3) n (y.w) t tȝ-jb sẖr=f
les flammes de l’échauffé sont blessantes,
P379
ʿn (w) ø ḫnd=w mtn (w) =f
tandis que celui qui est courtois, on emprunte son chemin.
P380
(XII, 4) mnš (w) n hrw r-ȝw=f
Celui qui est acariâtre la journée entière,
P381
nn jr~n=f ȝ.t nfr.t
impossible qu’il passe de bons moments ;
P382
wnf-jb n hrw r-ȝw=f
celui qui est insouciant la journée entière,
P383
nn (XII, 5) grg~n=f pr
impossible qu’il fonde une maison.
P384-P385
stw mḥ (=w) mj ø jr (=w) ḥmw
Un tir est médité comme est manié l’aviron de gouverne ;
P385-P386
sp r tȝ ky nḏr=w
une affaire doit être abandonnée, l’autre est saisie,
P387
(XII, 6) jw sḏm (w) n jb=f r ḥ (ȝ) -n (=j) ȝ
qui obéit à son (seul) désir est voué au regret.
P388
m ḫsf (w) tw m ȝ.t wr
Ne t’oppose pas quand un grand est à l’œuvre,
P389
m sḥḏnw jb n (y) nty (XII, 7) ȝtp=w
n’irrite pas celui qui est dans son rôle !
P391
ḫpr sdbj=f r šnt (w) sw
Sa disgrâce échoierait à celui qui le récuse
P392
sfḫ kȝ m mrr (w) sw
et le ka se détacherait de celui qu’il aimait.
P393
dd (w) kȝ.w pw (XII, 8) ḥnʿ nṯr
Car il est un dispensateur de nourritures ainsi que le dieu,
P394
mrr (w) .t=f jrr (w) .t n=f
ce qu’il désire, c’est ce qui doit être fait pour lui.
P395
sqd r=k ḥr m-ḫt nšn
Reprends contenance après la fureur :
P397
jw ḥtp ḫr kȝ=f
la satisfaction réside auprès de sa personne ;
P397b
(XII, 9) jw sdbj ḫr Ḫft (y)
la disgrâce réside auprès de l’Adversaire :
P398
kȝ.w pw srwd (w) mrw.t
ce qui fait croître l’attachement sont les nourritures.
P399
sbȝ wr r ȝḫ.t n=f
Enseigne au grand ce qui lui est utile,
P400
(XII, 10) sḫpr sšp=f m-ḥr (y) -jb rmṯ
fais naître son emprise au milieu des gens.
P401
d=k ḫr sȝȝ=f ḥr nb=f
Tu feras que sa (propre) sagesse s’impose à son seigneur,
P404
wnn ḏfȝw=k (XII, 11) ḫr kȝ=f
car ta subsistance sera auprès de son ka.
P406
jw ẖ.t n (y) .t mrw.t r ḥtpw
Le ventre de l’affection trouvera la satisfaction,
P407
jw sȝ=k r ḥbs ẖr=s
ton dos en sera vêtu,
P408
wn šsp=f ḥr=k (XII, 12) r ʿnḫ n pr=k
l’emprise du grand sur toi assurera la vie de ta maison,
P409
ḫr sʿḥ=k mrr (w) =k
auprès de ta dignité (future), que tu désires.
P410
ø ʿnḫ (=w) sw ẖr=s
Il demeure vivant grâce à cela,
P411
jr=f qʿḥ nfr jm=k gr (w)
en faisant de toi une épaule parfaite, aussi.
P412
(XII, 13) wȝḥ gr.t mrw.t=k pw
Il s’agit aussi de la durée de ta (propre) affection
P413
m ẖ.t n (y) .t mrrw.w tw
dans le sein de ceux qui t’aiment ;
P414
mk kȝ pw mrr (w) sḏm
vois, c’est un (vrai) ka, celui qui aime l’écoute.
P415
(XIII, 1) jr jr=k sȝ s n (y) qnb.t
Si tu es le fils d’un homme siégeant au tribunal,
P416
wpwty n hr.t ʿšȝ.t
un chargé de mission destiné à pacifier la multitude,
P417
(XIII, 2) šd mȝdw.w n (y) .w ʿ
repousse les pressions des parties,
P418
mdy=k m rd (w) ḥr gs
et quand tu te prononces, ne te montre pas partial.
P419
sȝw (XIII, 3) ḏd=f sḫrw=f
Evite qu’on ne prononce sur toi la sentence :
P420
sr.w rd=f md.t ḥr gs jry
“Dignitaires, il veut rendre justice avec partialité !”,
P421
wdb sp=k (XIII, 4) r wḏʿ.t
et que ton propre cas ne tourne au procès !
P422
jr sf (w) =k ḥr sp ḫprw
Si tu te montres clément en raison d’un événement passé,
P423
gsȝ (w) =k n s (XIII, 5) ḥr ʿqȝ=f
et que tu penches pour un homme en raison de sa droiture,
P424
swȝ ḥr=f m sḫȝ (w) sw
passe à côté de lui, ne pense plus à lui,
P425
ḏr gr=f n=k (XIII, 6) hrw tpy
puisque tu l’as acquitté au premier jour.
P428
jr ʿȝ (w) =k m-ḫt nḏsw=k
Si tu grandis après avoir été humble,
P429
jr (w) =k ḫ.t (XIII, 7) m-ḫt gȝ (w) .t tp-jm
et que tu acquiers du bien après avoir été naguère dans le besoin,
P431
m njw.t rḫ (w) .t~n=k
dans la cité que tu connais,
P432
m sšȝw ḫpr (w) .t n=k ḫntw
en songeant à ta situation antérieure,
P433
(XIII, 8) m kfȝ (w) jb=k ḥr ʿḥʿw=k
ne sois pas fier de ta fortune,
P434
ḫpr (=w) n=k m rdw.w nṯr
car elle t’échoit grâce aux dons du dieu.
P435
nn tw (XIII, 9) ḥȝ ky mjtw=k
Tu n’es pas différent d’un autre de tes semblables,
P436
ḫprw n=f mjt.t jry
à qui aurait échu semblable sort.
P441
ẖm sȝ=k n ḥr (y) -tp=k
Courbe l’échine devant ton chef,
P442
(XIII, 10) (j) m (y) -r (ȝ) =k n (y) pr n (y) -sw.t
ton directeur du domaine royal :
P443
wnn pr=k mn (=w) ḥr ḫ.t=f
ta maison sera établie sur ses biens,
P444
ḏbȝw.w=k m (XIII, 11) s.t jry
et tes rétributions seront appropriées.
P446
qsn pw jtnw m ḥr (y) -tp
Il est pénible d’avoir un opposant comme chef,
P447
ʿnḫ=tw tr n (y) (XIII, 12) sf.t=f
on ne vit que le temps de sa clémence ;
P448
n ḫȝb~n qʿḥ n kft (y) =f (y)
et le bras ne peut frapper celui qui est prêt à se soumettre.
P450
m ṯȝyw (XIV, 1) pr sȝḥw.w
Ne vole pas le domaine des voisins,
P451
m dȝ{r}j ḫ.t tkn jm=k
ne dérobe pas le bien de ton prochain ;
P453
(XIV, 2) jm=f sjw (w) r=k r sḏmt=k
Il ne doit pas se plaindre de toi sans que tu ne l’entendes :
P454
jm pw n (y) jb bqbqw
c’est une obsession que le ressentiment.
P455
(XIV, 3) jr rḫ (w) =f s.t jw=f r šny
S’il le sait, il renoncera ;
P456
qsn pw {n} jtnw m s.t (XIV, 4) tkn.t
il est pénible d’avoir un opposant à proximité.
P457
jm=k nk (w) ḥm.t-ẖrd
Tu ne coucheras pas avec un jeune efféminé
P458a
rḫ (w) ~n=k
dont tu auras fait la connaissance,
P458b
(XIV, 5) ḫsf.t r mw ḥr ḥȝty=f
ce qui est défendu sera du liquide pour son cœur,
P459
nn qb n nt (y) .t m ẖ.t=f
car il n’est jamais de cesse à ce qui est dans son ventre.
P460
jm=f swḫ (ȝ) w (XIV, 6) r jr.t ḫsf.t
Il ne doit pas passer la soirée à faire ce qui est défendu,
P462
qb=f m-ḫt ḥḏ=f jb=f
il ne s’apaisera qu’après avoir épuisé son désir.
P463
jr ḏʿr (w) =k (XIV, 7) qdw n (y) ḫnms
Si tu sondes la nature d’un ami,
P464
m šnn r=k tkn (w) jm=f
n’interroge (donc) pas l’un de ses proches :
P465
jr sp ḥnʿ=f wʿw
règle l’affaire avec lui seul,
P466
(XIV, 8) r tmt=k mn (w) ḫr.t=f
jusqu’à ce que tu aies cessé de souffrir de son attitude.
P467
ḏȝjs ḥnʿ=f m-ḫt ʿḥʿw
Ne débats avec lui qu’après avoir laissé passer du temps,
P470
wšm jb=f (XIV, 9) m sp n (y) md.t
et ébranle son cœur par des arguments.
P471
jr pr (w)(w) .t~n=f m-ʿ=f
Si ce qu’il avait reconnu lui échappe
P472
jr (w) =f sp špt (w) =k ḥr=f
et qu’il commet un acte qui te met en courroux,
P473-P474
(XIV, 10) ḫnms sw r (ȝ) -pw m j tw ḥr
là encore garde-le comme ami, ne t’emporte pas,
P475
sȝqw m wbȝ n=f md.t
abstiens-toi d’entrer en conflit avec lui.
P476
m (XIV, 11) wšb (w) m sp n (y) shȝ
Ne réponds pas de manière à occasionner une querelle,
P477
m wj (w) tw r=f m hbw sw
ne te sépare pas de lui, ne le brime pas.
P479
n pȝ (XIV, 12) sp=f tmw
Son destin n’aura jamais manqué d’arriver,
P480
n wh~n=tw m šȝ (w) sw
car on n’échappe pas à celui qui l’a déterminé.
P481
ḥḏ ḥr=k tr n (y) wnn=k
Montre-toi prévenant le temps de ton existence ;
P482
(XIV, 13) jr pr (w) m mẖr (w) n ʿq~n=ø
ce qui sort de la réserve, cela ne peut y rentrer.
P483
jn t n (y) psš.t (XV, 1) ḥn=tw ḥr=f
C’est le pain du partage dont il faut être avide :
P484
srḫy pw šw m ẖ.t=f
qui a le ventre vide est un dénonciateur .
P485
ḫpr jtnw m sȝhhw
L’opposant naît de celui qu’on rend indigent,
P486
(XV, 2) m jr (w) sw r tkn jm=k
n’en fais pas un homme susceptible de t’atteindre :
P487
sḫȝw pw n (y) s jmȝ.t
le charme fait le souvenir qu’on conserve d’un homme
P488
n rnp.wt jm (w) .t-ḫt wȝs
pour les années qui suivent la disparition.
P489
rḫ šw.t=k (XV, 3) wnn ḫ.t=k
Reconnais ceux de ta conscription et tu auras du bien,
P490
m ẖs (w) bjȝ.t=k r ḫnms.w=k
n’adopte pas un comportement vil à l’égard de tes amis.
P491
wḏb=f pw mḥ=f
“C’est sa rive quand elle est emplie (d’eau),
P491b
ø wr (=w) sw (XV, 4) r špss.w=f
plus importante que ses (propres) richesses”,
P492
jw ḫ.t ky n ky
le bien de l’un revient à l’autre.
P493
ø ȝḫ (=w) bjȝ.t n (y) .t sȝ s n=f
Le comportement du fils d’un homme lui est utile ;
P494
jw qdw nfr (XV, 5) r sḫȝw
une bonne nature assure le souvenir.
P495
ḫsf ḥr tp sbȝ ḥr qdw
Punis à propos, corrige comme il est naturel,
P496
jw nḏr.t ḫww r mn.t bjȝ.t
car réprimer la faute passe pour un comportement exemplaire.
P497
(XV, 6) jr sp n js ḥr jy.t
Mais une sentence, si elle n’est pas appropriée au crime,
P498
ø rd (=w) ḫpr ʿnʿy pw m jtnw
cela revient à changer le suppliant en opposant.
P499-P500
jr jr (w) =k ḥm.t m špn.t
Si tu as une femme bien ronde,
P500-P500b
wnf .t (XV, 7) jb rḫ (w) .t n njwty.w=s
d’un caractère enjoué et bien connue de ses concitoyens,
P501-P502
jw=s m hp.wy ʿn n=s nw
elle suit la double loi, le temps est agréable grâce à elle.
P503
m nš (w) s (.y) jm r=k wnm=s
Ne la renvoie pas, fais-la donc manger :
P506
jw wnf.t-jb (XV, 8) sjp=s ʿqȝȝ
l’enjouement confère l’abondance.
P507
jr sḏm (w) =k nn ḏd (w) ~n=j n=k
Si tu écoutes les propos que je t’ai tenus,
P508
wnn sḫrw=k nb r-ḥȝ.t
chacun de tes projets sera porté en avant ;
P509
jr sp n (y) mȝʿ.t jry
l’actualisation de la maât qui s’y trouve,
P509b
(XV, 9) špss=sn pw
c’est ce qui en fait le prix.
P510
rwj sḫȝ=sn m r (ȝ) n (y) rmṯ
Leur souvenir va de bouche en bouche
P511
m-ʿ nfr (w) n (y) ṯs.w=sn
grâce la perfection de leurs vers,
P512
jnn=tw md.t nb.t
et chaque mot est rapporté
P514
n (XV, 10) sk~n=ø m tȝ pn ḏ.t
sans que cela ne disparaisse de ce pays, pour l’éternité djet !
P515
jrt (y) =s (w) šsr.t r nfr (w)
Ce qui formera maxime à la perfection,
P516
mdw sr.w r=s
les dignitaires parleront d’après elle ;
P517
sbȝ s pw r ḏd n (XV, 11) m-ḫt
il s’agit d’enseigner à parler pour la postérité :
P518
sḏm=f s.t ḫpr (=w) m ḥmww sḏmw
Qui l’écoutera deviendra un expert écouté (à son tour).
P519
ø nfr (=w) ḏd n m-ḫt ntf sḏm=f s.t
Il est bon de parler pour la postérité, car c’est elle qui l’écoutera (la maxime).
P520-P521
jr ḫpr (w) sp-nfr m-ʿ wnn (w) m (XV, 12) ḥr (y) -tp
Que survienne une bonne action de la part de celui qui est chef,
P522
wnn=f mnḫ (=w) n nḥḥ
il restera bienfaisant pour l’éternité néheh,
P523
jw sȝȝ=f nb r ḏ.t
et son discernement, quel qu’il soit, demeurera pour l’éternité djet !
P524
jn rḫ (w) sm (w) bȝ=f
C’est le savant qui se soucie de son ba
P525
m smn.t nfr (w) =f jm=f (XV, 13) tp tȝ
en établissant sa propre perfection sur terre ;
P526
sȝ=tw rḫ (w) ḥr rḫ (w) .t~n=f
c’est à ce qu’il a appris qu’on discerne le savant :
P527
jn sr ḥr sp=f nfr
s’agit-il d’un dignitaire, c’est à sa bonne action.
P528
mḫȝ (w) jb=f ns=f
Celui qui mesure son esprit et sa langue,
P529
ø ʿqȝ (=w) (XVI, 1) sp.ty=fy jw=f ḥr ḏd
ses lèvres sont précises quand il parle ;
P530-P531
jr.ty=fy ḥr mȝȝ ʿnḫ.wy=f twt (=w)
ses yeux observent, ses oreilles sont dressées,
P531b
(XVI, 2) ḥr sḏm ȝḫ.t n sȝ=f
à l’écoute de ce qui est utile à son fils.
P532
jr r mȝʿ.t šw m grg
Agis selon la maât, sois exempt de mensonge !
P534
(XVI, 3) ø ȝḫ (=w) sḏm n sȝ sḏmw
Utile est l’écoute pour le fils qui sait écouter ,
P535
ʿq sḏm m sḏmw
et l’écoute ne pénètre que chez celui qui sait écouter ;
P536
ḫpr sḏmw (XVI, 4) m sḏmj
celui qui sait écouter naît de qui est disposé à écouter,
P537
nfr sḏm nfr md.t
et qui écoute bien s’exprime bien.
P538
sḏmw nb ȝḫ.t
Celui qui sait écouter, il est détenteur de bienfaits,
P540
ø ȝḫ (=w) (XVI, 5) sḏm n sḏmw
car utile est l’écoute pour qui sait écouter ;
P541
ø nfr (=w) sḏm r nt (y) .t nb.t
meilleure est l’écoute que toute (autre) chose,
P542
ḫpr <m> mrw.t nfr.t
à l’origine de l’affection parfaite !
P543
ø nfr={w}y (XVI, 6) šsp sȝ ḏd (w) jt=f
Qu’il est bon que le fils recueille les leçons de son père :
P544
ḫpr n=f jȝw.t ẖr=s
la vieillesse lui en sera procurée !
P545
mrrw (XVI, 7) nṯr pw sḏm (w)
Car celui qui écoute est un aimé du dieu,
P546
n sḏm~n msddw nṯr
tandis que le haï du dieu n’écoute pas.
P550
jn jb sḫpr (w) (XVI, 8) nb=f
C’est l’esprit qui change son possesseur
P551
m sḏm (w) m tm (w) sḏm (w)
en quelqu’un qui écoute ou qui n’écoute pas ;
P552
ʿnḫ wḏȝ snb n (y) s
La vie, l’ intégrité et la santé d’un homme,
P552b
jb =f ø
c’est l’esprit.
P553
jn sḏmw (XVI, 9) sḏm (w) ḏd (w)
C’est celui qui sait écouter qui écoute celui qui parle,
P554
mrr (w) sḏm pw jrr (w) ḏd (w) .wt
celui qui agit comme il est dit est celui qui aime écouter.
P556
ø nfr={w}y sḏm sȝ n (XVI, 10) jt=f
Qu’il est bon que le fils écoute son père,
P557
rš={w}y ḏddy n=f nn
réjoui est celui à qui on a dit cela !
P558
sȝ ʿn=f m nb (XVI, 11) sḏm
Le fils, sa grâce vient de sa capacité d’écoute,
P560
sḏmw ḏdw n=f s.t
celui qui sait écouter et qui en a la réputation
P560b
mnḫ =f m ẖ.t
se révèle être un digne fils dès le ventre de sa mère,
P561
jmȝḫy ḫr (XVI, 12) jt=f
un révéré auprès de son père.
P562
jw sḫȝ=f m r (ȝ) n (y) ʿnḫ.w
Le souvenir de lui reste dans la bouche des vivants,
P563
nty.w tp tȝ (XVI, 13) wnnt (y) =sn
ceux qui sont sur terre comme ceux qui viendront à l’existence.
P564
jr šsp (w) sȝ s ḏd (w) jt=f
Si le fils d’un homme (de bien) recueille ce que dit son père,
P565
nn nm~n (XVI, 14) sḫrw=f nb
aucun de ses desseins ne saurait s’égarer ;
P566
sbȝ=k m sȝ=k sḏmw
tu dois apprendre à ton fils à devenir quelqu’un qui sait écouter,
P567
(XVII, 1) jqrt (y) =fy ḥr jb n (y) sr.w
qui sera un homme de qualité dans l’esprit des dignitaires.
P568
sšm (w) r (ȝ) =f r ḏdd (w) .t n=f
Celui qui règle ses propos sur ce qui lui a été dit
P569
(XVII, 2) mȝw m sḏmw
est considéré comme quelqu’un qui sait écouter ;
P570
sȝ jqr=f nmt.wt=f tnw (=w)
le fils, il montre ses qualités quand sa démarche est distinguée,
P572
(XVII, 3) nnm bs (=w) n tm (w) sḏm (w)
mais l’égarement échoit à qui n’écoute pas.
P573
dwȝ rḫ (w) r smn.t=f
Tandis que le sage se lève au matin pour trouver la permanence,
P574
(XVII, 4) jw wḫȝ (w) mḏd=f
l’ignorant s’agrippe (au présent).
P575
jr wḫȝ (w) jwt (y) sḏm=f
L’insensé qui n’écoute pas,
P576
(XVII, 5) nn jr~n=f ḫ.t nb.t
impossible pour lui d’acquérir aucun bien ;
P577
mȝȝ=f rḫ (w) m ḫm (w)
il confond connaissance et ignorance,
P578
ȝḫ.t (XVII, 6) m mn.t
l’utile et le nuisible.
P579
jrr=f ḫbd.t nb.t
Il commet toute sorte d’actes affreux
P580
r ṯss.wt (XVII, 7) jm=f rʿ nb
dont on lui fait grief chaque jour ;
P581
ʿnḫ=f m m (w) t (w) .t ẖr=s
il vit de ce dont on meurt,
P582
ʿqw=f pw ḫbn-ḏd
et ce qui est maudit est sa nourriture.
P584
(XVII, 8) bjȝ.t=f jm m rḫ n (y) sr.w
Son comportement est là, au su des dignitaires,
P585
ḥr m (w) t ʿnḫ (w) rʿ nb
lui qui meurt tout en vivant chaque jour ;
P586
(XVII, 9) swȝ=t (w) ḥr sp.w=f
car on négligera ses actes
P587
m-ʿ ʿšȝ n (y) jy.wt ḥr=f rʿ nb
du fait du nombre de méfaits qui pèsent sur lui chaque jour.
P588
(XVII, 10) sȝ sḏmw m šms (w) Ḥr
(Mais) le fils qui sait écouter est un suivant d’Horus,
P589
ø nfr={w}y n=f m-ḫt sḏm=f
qu’il est bon pour lui d’avoir écouté !
P590
jȝw=f (XVII, 11) pḥ=f jmȝḫ
Il atteint dans sa vieillesse l’état de révéré,
P591
sḏd=f m-mjt.t n ẖrd.w=f
pour conter la même chose à ses enfants.
P592
m smȝw (XVII, 12) sbȝw jt=f
Renouvelant l’enseignement de son père,
P593
s nb sbȝ (y) mj jr=f
chaque homme est enseigné selon ses actes ;
P594
sḏd=f ḫr (XVII, 13) msw.w<=f>
il le contera auprès de ses enfants,
P595
jḫ ḏd=sn n ẖrd.w=sn
qui le rediront (eux-mêmes) à leurs enfants.
P596
jr bjȝw (XVIII, 1) m rd (w) ʿḏ=t (w) =k
Fais merveille, ne donne pas prise à la critique,
P597
srwd mȝʿ.t (XVIII, 2) ʿnḫ msw.w=k
accrois la maât pour que vivent tes enfants !
P598-P599
jr tpj jy ẖr (XVIII, 3) jsf.t
À la première occasion qui se présentera relevant de l’injustice,
P600
jḫ ḏd rmṯ mȝȝt (y) =sn
les gens qui verront diront
P601
(XVIII, 4) mjt.t js pfȝ pw
que c’est semblable à ce vers-là ;
P602
ḏd {n} sḏm{rd}=sn
ceux qui entendront diront
P603
mjt.t js pfȝ (XVIII, 5) pw gr (w)
que c’est semblable à ce vers -là, aussi.
P604-P606
mȝȝ bw-nb <nt>sn sgrḥ (w) (XVIII, 6) ʿšȝ.t
Chacun voit que ce sont eux qui pacifient la multitude,
P607
nn km n (y) špss m-ḫmt (18,7) =sn
et la richesse n’est d’aucun profit sans eux.
P608
m jt (w) md.t m jn (w) s (.w)
N’ôte pas un mot ni n’en ajoute,
P609
m rd (w) k (y) .t m s.t (XVIII, 8) k (y) .t
ne mets pas l’un à la place de l’autre !
P611
ʿḥȝ tw m wn jnj.w jm=k
Garde-toi de détendre les mailles,
P612
sȝw (XVIII, 9) tw r ḏd rḫ (w) -ḫ.t
et évite qu’un savant ne dise :
P613
sḏm r=k mr (w) =k smn.t=k
“Écoute donc !”, si tu désires trouver la permanence
P614
(XVIII, 10) m r (ȝ) n (y) sḏmy.w
dans la bouche de ceux qui écoutent !
P615
mdwy=k ʿq~n=k
Tu ne t’exprimeras qu’après avoir accédé
P615b
(XVIII, 11) m sp ḥmww
au savoir-faire de l’expert ;
P616
mdw (y) =k r sp n (y) qn
si tu t’exprimes de manière aboutie,
P617
wnn (XVIII, 12) sḫrw=k nb r s.t=f
chacun de tes avis sera à sa place.
P618
hrp jb=k ḥn r (ȝ) =k
Enfouis ton désir, maîtrise ta parole
P619
(XVIII, 13) jḫ srḫ=k mm sr.w
et tu seras reconnu parmi les dignitaires !
P620
mtr (XVIII, 14) ḥr-qdw ḫr nb=k
Montre-toi d’une mesure totale envers ton seigneur,
P621
jr r ḏd n=f sȝ pfȝ pw
agis pour lui faire dire : “C’est le fils de celui-là !”,
P622
(XIX, 1) r ḏd n sḏmty=sn s.t
pour faire dire à ceux qui entendront cela :
P623
ø ḥs (w) gr.t msy n=f sw
“Favorisé lui pour qui il a été enfanté !”
P624
wȝḥ jb=k (XIX, 2) tr n (y) mdwy=k
Retiens ton cœur au moment où tu parleras,
P625
ḏd=k ḫ.wt tnw (=w)
tu ne diras que des choses distinguées,
P626
jḫ ḏd sr.w (XIX, 3) sḏmty=sn
si bien que les dignitaires qui entendront diront :
P627
ø nfr={w}y prw n r (ȝ) =f
“Comme est beau ce qui est sorti de sa bouche !”
P628
jr r ḏd (w) .t=j nb (.t) r=k
Agis selon tout ce que je dis à ton intention,
P629
ø nfr={w}y sbȝ (w) ~n (XIX, 4) jt=f
heureux celui qui a reçu l’enseignement de son père,
P630
pr (w) ~n=f jm=f ḫnt ḥʿw=f
issu de lui, de son corps,
P631
ḏd~n=f n=f jw=f m ẖ.t r-ȝw
il était encore dans le ventre quand il lui a parlé !
P632
ø wr (=w) jr (w) .t~n=f (XIX, 5) r ḏdd (w) .t n=f
Mais ce qu’il aura fait sera plus important que ce qui lui aura été dit.
P633
mk sȝ nfr (w) n dd (w) nṯr
Vois, le fils accompli, accordé par le dieu,
P634
rd (w) ḥȝw ḥr ḏdd (w) .t n=f ḫr nb=f
qui aura ajouté à ce qui lui avait été demandé, auprès de son seigneur,
P635-P636
jr=f mȝʿ.t (XIX, 6) jr~n jb=f r nmt.t=f
pratique la maât, son esprit ayant agi selon son rang !
P637
mj pḥ=k wj ḥʿw=k wḏȝ (=w)
Tandis que tu me rejoindras, ton corps intègre,
P638
n (y) -sw.t ḥtp (=w) m ḫpr (w) .t nb.t
le roi étant satisfait de tout ce qui sera advenu,
P639
(XIX, 7) jt=k rnp.wt m ʿnḫ
tu obtiendras des années de vie,
P640
nn šr jr (w) .t~n=j tp tȝ
et ce que j’ai fait sur terre ne s’évanouira pas.
P641
jt~n=j rnp.t 110 m ʿnḫ
J’ai obtenu cent dix ans de vie,
P642
n dd (w) n (XIX, 8) n (y) -sw.t
que m’a accordés le roi,
P643
ḥs.wt (=j) ḫnt tp (y) .w-ʿ.wy
mes faveurs surpassant celles de mes prédécesseurs,
P644
m-ʿ jr.t mȝʿ.t n n (y) -sw.t
pour avoir pratiqué la maât pour le roi,
P644b
r s.t-jmȝḫ
jusqu’à la vénération. »
P645-P646
(XIX, 9) jw (w) =f pw <m> ḥȝ.t=f r pḥ (.wy) =fy mj gmy.t m sš
C’est ainsi qu’il doit aller, du début à la fin, conformément à ce qui a été trouvé par écrit.